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MORT D’UNE FEUILLE

Divine et fragile tu dessines des arabesques
Dans l’air du matin câlin
De blanc vêtue
Le visage caché sous une ombrelle de verdure
Tu caresses le tendre feuillage
Sur un tapis de pétales
Tu virevoltes
Extase dans un nuage de parfums
Nymphe aux boucles d’ange
Tu es un pantin sans cœur sans âme
Qu’une araignée manipule
Dans ses fils de soie
Danse métallique ou mélancolique
Quand se rompent les liens
Tu te casses
Pour sombrer dans un miroir
Fragile créature de la nature
Petite feuille argentée
Que joue une ballerine éphémère
Comme se meurent dans la nuit
De frêles créatures de soies               

          H LAMORINIERE

D’après EQUECHELLE 243 de MOZART
Hautbois et orchestre

 

 

POEME SUR LA MUSIQUE

Comme une brise légère tu me berces
Comme un vin doux tu me prends
Comme le feu tu embrases mon cœur
Comme un élixir tu soulèves mon être
Tu inondes mon cerveau de volutes cristallines
Tu fais naître en ma demeure la douceur
Chaque glissade est une cascade d’amour
Un torrent fiévreux pour chaque jour
Toi berceuse de mes nuits
Tu me calme comme une mère
Et tu veilles au renouveau
Pour me donner un chant toujours plus beau.

                                                 H LAMORINIERE

Cerises tes lèvres
Mer tes yeux
Miel tes baisers
Braise notre amour
Toi que j’aime.                    

 A Andrée H LAMORINIERE             



HO RIVAGES!

L’abîme où notre voilure
Emportera nos chevelures
Aux confins de l’horizon
Pour que nos corps se mêlent
Aux eaux fougueuses de la passion

Ces nuages font la cour à la mer
Et nos rires se meurent
Sur les façades des maisons
Qui se réchauffent sans raison
A la lueur ocrée de l’été

Main dans la main
L’image de nos ombres s’évanouit
Dans les ruelles où nos pas furtifs dérangent
Une libellule qui emporte
Le reflet bleu des jours heureux.

                                                               H. LAMORINIERE

FOUGUE

Sur la coiffeuse tes cheveux
Dans le miroir ton image
Sur le lit ton corps offert
Derrière le paravent tes secrets
Dans les draps l’emprunte de nos ébats
Dans la chambre le parfum de notre amour
Sur le chevet le réveil tricote les instants de bonheur
Les volets sont clos la clef est sur le sol et ma main sur ton cœur
Moi sur toi moi en toi
Lèvres sur tes lèvres yeux dans tes yeux
Tes cheveux dégoulinant comme une fontaine
Tes seins audacieux et doux s’offrent à moi
Comme deux fruits gracieux
De deux ne faisant plus qu’un nous nous endormons tels
Deux chevaux fourbus d’un corps à corps majestueux

                                                                  H. LAMORINIERE


POURQUOI ?

Mon Dieu, si toutefois tu m’entends
Vas tu laisser faire cette guerre
Qui va tuer des innocents
Et tacher des mains de leur sang
De ton Paradis de lumière
Vas tu laisser la terre entière
Détruire par des hommes dits blancs
Qui ont l’ âme si noire pourtant
Leurs nuits sont-elles calmes pour autant
Le matin en se réveillant
Pensent-ils que c’est un jour de moins
Qu’ils ont à vivre de leur temps
Le temps que tu leur a compté
Et quand leur heure va sonner
D’aller te retrouver la haut
Savent-ils qu’ils seront égaux
A ceux qu’ils auront fait mourir
Pour l’argent, la gloire, le désir
De posséder ce que tu fis
La terre où est notre pays
La terre que tu leur as construit
Pendant six jours et puis six nui ts
Pourquoi t’être reposé le septième
C’est ce qui manque à ce problème
Si t’avais été moins feignant
Ce serait peut-être mieux maintenant
Dis mon Dieu est-ce que tu m’écoutes
Pour mettre fin à cette déroute
Ce jour là où tu as chômé
Les hommes sont devenus cinglés.
                                                   ANDREE RIBEMON       FEVRIER 2003

 

 

COULEUR DE SANG.

Qu'il soit blanc, noir, bronzé ou aussi métissé
Qu'il soit de ton pays ou d'u autre à côté
Regarde -le ami sans animosité
Et réfléchis un peu à c'qui peut t'arriver
Si un jour à l'hosto opéré ou blessé
Tu as besoin de sang afin de te sauver
Celui qu'on te mettra qui te sera donné
Sera rouge comme le tien mais loin de tes pensées
Puis tu ressortiras quelques semaines après
Rétabli et content d'avoir pu résister
A la mort au tournant qui devait te guetter
Tu te diras alors c'est la fatalité
Mais non autour de toi il te faudra chercher
Et tu ne sauras rien de son identité
Etait-il noir ou blanc, bronzé ou métissé
Celui dont le sang rouge t'a redonné santé
Alors là mon ami tu sauras que t'es né
Avec le même sang que tous ceux d'à côté.

                                                      A. RIBEMON    MARS 2003

 

Je les vois passer jeunes et beaux
pleins de forces sur leur vélo
Je me dis en les regardant
autrefois, j' en faisais autant
Et comme eux, heureux, maintenant
je ne pensais pas plus au temps
Temps qui passe en un instant
et qui revient pourtant souvent
me dire que je n' ai plus vingt ans
et qu' il est trop tard maintenant
pour enfourcher la bicyclette
qui reste à la cave seulette
Je n' ai ni remords ni regrets
Il fallait vivre le temps passé
beaucoup mieux que je ne l' ai fait
J' arrive à mes soixante dix berges
je n' ai pas su faire d' enfant
qui me dirait: mais non maman
Regardes toi devant la glace
tu es encore pleine de grâce
ton coeur vert comme une pistache
mais! épiles donc cette moustache.     hé oui    

             
                                                A.RIBEMON      JUIN 2003


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