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Paroles - Chers élus - Peut être demain - Passé simple

 

 

 

PAROLES


Toute ma vie, j’ai toujours cru que je me nommais SILENCE ! mais non je suis musicien malvoyant, ni sourd ni muet. Et non je n’ai pas le secret du bonheur, vous savez les trois petits singes, un se cache les yeux, l’autre se bouche les oreilles et le dernier met ses mains sur sa bouche.
C’est pour cela que j’ai ouvert cette page pour exprimer des choses que j’ ai en travers de la gorge, et que je pense être aussi les vôtres.


CHERS ELUS Vers le haut

A nos chers élus de tous bords confondus

La France est un beau pays au cœur de l’EUROPE, où il fleure bon vivre, où tourisme rime avec traditions, un art de la table, sa culture, ses mille et un endroits classés, ses vallées bien arrosées, des coteaux baignés de soleil où de belles vignes attendent les vendanges et de belles montagnes où résonne le son des clarines. Bien bucolique tout cela.

Mais il y a une ombre au tableau, il y a des plaies qui se referment difficilement, il y a comme
un malaise :

1 - La panneaucite, vantant je ne sais quel magasin ou marque de voitures, voire la religion sur le parking de votre supermarché, un peu de bon sens, priorité à la signalisation routière qui, les trois quarts du temps est noyée dans cette anarchie de laideur.

2 - Les discothèques ambulantes ( voiture équipée d’une sono, dont l’utilisateur en fait profiter l’ extérieur ), mobylette à pot d’échappement et anti-parasite supprimés etc… la liste serait trop longue pour vous la dire. Il est plus beau d’entendre un clocher de village sonner, le coq chanter le matin dans la basse-cour, qu’il n’y a rien de plus triste qu’un marché sans bonimenteurs.


3 - La bétonnite aigue de nos plages, de nos montagnes, voire certaines réalisations de lotissements à bas prix dans nos campagnes, ne respectant pas l’ architecture régionale.
Je ne vous parlerai pas des blockhaus de l’ alimentaire, des fringues, des pompes et j’en passe, tout cet univers de la vente forcée, qui grignote nos terres agricoles et notre panorama, à coup sûr, notre qualité de vie.

4 - Le regard dans le vide, le cœur serré, les mots qui ne peuvent même pas exprimer leur émotion, des hommes et des femmes meurtries, des vallées, des communes et des villes sont sinistrées par un mal qui porte quel nom ?
CHOMAGE, MISE A PIED, EXCLUS, que fait-on de nos PMI, de nos PME ?
Quelle force veut-on donner à notre pays ? quel avenir donner à notre jeunesse, jeunesse à qui l’on disait faites des études ; aujourd’hui on manque de manuels, d’artisans alors que nous avions un certain savoir-faire dans beaucoup de domaines.
Il est triste qu’à coups de milliards d’installations, on ait fait venir des trusts étrangers, qui, leurs caisses bien remplies se sont fait la malle.
La France rurale meurt par ces faits, mais aussi à cause de ses commerces qui disparaissent faute de repreneurs, ex : ici une épicerie, un café, un grainetier, un magasin de lingerie et d’ articles de couture, tous ces petits commerces n’ont pas été remplacés, si, par des banques.
Réveillons-nous, nous sommes un beau pays que beaucoup nous envient, mais il y a du travail, de l’intelligence et de la bonne volonté, sans se regarder le nombril, à l’heure de l’ agrandissement de L’EUROPE, donnons aux jeunes le sens des responsabilités, que l’ école soit tournée vers les métiers de l’ art, de bouche et de technologie.

Dire à nos jeunes que dans leur famille, il y avait peut-être un cousin, un oncle, un grand-père qui exerçait un artisanat et qu ‘ils en était fiers.
Il n’y a pas que les diplômes, quoiqu‘il faille un certain bagage. Instruction ne veut pas dire intelligence. Je finirais ici mon message, en espérant qu’il n’aura pas été lettre morte, qu’il n’aura frustré personne dans le sens où il est un reflet de nos défauts et que si nous voulons vivre dans un monde meilleur, c’est le moment où jamais d’ouvrir notre conscience.

 

 

 

 

 

PEUT ETRE DEMAIN ? Vers le haut


Dans un salon de repos d’une maison de retraite, deux femmes parlaient entre elles.
L’une des femmes tenait dans sa main ridée et tremblante une lettre de sa fille, sa fille , comme elle disait est loin à cause de son travail, oh ils sont bien mariés, ils ont une bonne situation et des beaux enfants. Leur dernier il a cinq ans, la dernière fois que je l’ai vu il avait je crois un an c’était au baptême. L’autre femme prit la parole, avec un léger chevrotement dans la voix tandis qu’une grosse larme perla sur sa joue rosée. Mon gars viendrait bien mais ma bru fait le barrage, il ne sont pas loin d’ici, une heure de voiture.
Certains sont là, d’autres sont résignés, puis il y a celle et celui qui attendent à la fenêtre donnant sur l’allée, la venue d’un parent. Dans ce milieu de personnes âgées tout est routine et automatisme .
Lever, petit déjeuner, toilette, ménage, le journal, le déjeuner, la sieste, un tour dans le parc, le souper, la salle de télé ou retour dans sa chambre à attendre DEMAIN, un grand mot demain .
Demain, quand on y va en trottinant en chaussons, demain, quand la tête va encore bien mais que ce foutu cœur bat la chamade, demain, quand on à vu partir ce jour, la grande voiture noire vers le grand jardin.

J’écris ce texte car j’ai été visiteur de maisons de retraite, la musique m’a ouvert beaucoup de portes entre-autres celles ci.
Il faut dire merci au personnel dévoué de ces établissements, mais il serait mieux de garder, le plus longtemps possible dans leur maison, les gens âgés. Les villages se vident, faisons revivre ces villages en mélangeant jeunes et anciens , ils ont tant à nous apprendre.
Aujourd’hui, on prend un animal, il ne nous plait plus, on le met à la SPA.
A force d’aseptiser par le vide que va t-il rester ? Un jour, j’ai entendu une femme, mère de famille dire : « ici il n’y a que des vieux ». A cela j’ai répondu : pour qu’il y ait des jeunes il faut qu’il y ait eu des parents pour les mettre au monde.

Prenons le temps d’écouter, de regarder, de retenir !

 

 

 

 

 

 

PASSE SIMPLE ……. L’insouciance ! Vers le haut


Lorsque l’on arrive au monde, on est loin des questions d’adultes, surtout au moment des premiers pas, de la découverte des choses, du monde qui vous entoure, que d’interrogations ?
J’ai pris de l’assurance, la curiosité a fait le reste, mon enfance à glissé comme une valse entraînée par le rythme des saisons.
Rien d’extraordinaire, si ce n’est que la vie coulait comme la source qui alimentait la demeure.
Peut-être un tableau idyllique, mais au creux de cette vallée régnait l’harmonie d’un couple sans histoires, amoureux du travail bien fait, vivant de leur petite exploitation.
Aujourd’hui, la description qui va suivre aura un goût d’images d’EPINAL , la couleur CEPIÄ des photos d'antan.

Une vie dure, sans confort sauf l’électricité, chauffé au bois en tant qu’ouvrier à la scierie, pas d’évier et l’eau courante au robinet, tous les produits qui se trouvaient sur la table ou dans le garde-manger étaient, soit du jardin ou de la basse cour.
Une pièce principale faisait office à la fois de cuisine et de salle à manger, l’hiver, dans un coin, il n’était pas rare de trouver une caisse en bois avec jeunes lapins et leur mère ou des poussins d’un jour afin qu’ils ne meurent pas de froid.
Une table ronde entourée de chaises paillées, un immense buffet deux corps en chêne, une commode qui servait de support à la T.S.F. de l’époque.
Une cuisinière en fonte émaillée de couleur bleue dont l’immense tuyau noir traversait la pièce au papier jauni par la fumée fonctionnait neuf mois par an et le reste du temps, pour faire la cuisine, il y avait un petit réchaud deux feux à gaz butane.
Dans le fond de cette pièce, une grande cheminée de campagne, qui, tout en nous réchauffant égayait les soirées et je me souviens que mes yeux étaient toujours attirés par la couleur des flammes.
En Octobre, lors du brassage des pommes, on faisait griller de grandes tartines de pain de quatre livres que l’on trempait dans un bol de jus de pommes , tout juste sorti du pressoir...
Que de bons souvenirs !
Pour en arriver là, il y avait eu bien sûr auparavant, le ramassage des pommes dans les champs par les femmes, les arbres ayant été gaulés quelques jours avant par les hommes.
Je me souviens d’y avoir participé et d’avoir mes petites mains gelées par les premiers froids précoces de la vallée d’Auge.
Deux ou trois jours avant un jeune garçon fluet venait pour nettoyer les deux tonneaux, il m’est arrivé de le faire ce n’est pas évident, on baigne dans la lie et il ne fait pas très chaud surtout que l’on est nu comme un ver. Les pommes lavées, enfin le brasseur arrivait avec sa presse tirée par un percheron. C’était tout un cérémonial.
Une petite exploitation c’est beaucoup d’organisation, un ordre établi par les animaux, matin et soir, du lundi au dimanche et pas de jour férié. Debout de bonne heure, sortir les volailles leur donner à manger, prendre les œufs dans les niches, aller au lapins, fanes et épluchures de légumes plus du grain c’était leur menu, mettre les chèvres à l’enclos et veiller à ce qu’elles ne fuguent pas, traire les vaches pour que le lait soit à la barrière au passage du laitier et idem le soir.
A table, il y avait une personne de plus, un voisin veuf handicapé, quand il était là ça faisait un peu d’animation car les filles le taquinait un peu, sauf quand c’était l’heure des informations où là, il fallait se taire. C’était dur pour moi !
Moi, le bézot ! au lit à huit heures et demi, dans la chambre des grands-parents vu que les grandes filles dormaient dans la chambre du fond.
Mon lit, c’était un petit lit en fer émaillé rose à barreaux avec quatre boules en cuivre.
Les grands-parents avaient sur leur lit un énorme édredon rouge garni de plumes, le seul beau meuble de cette pièce c’était l’armoire Normande remplie de beaux draps et linge de maison comme on n’en fait plus.
Parlons-en du linge et de son entretien, tout à la main au baquet, à la brosse en chiendent, au savon de Marseille, puis bouilli à la lessiveuse sur un trépied dehors au feu de bois, puis direction le lavoir le tout transporté sur une brouette en bois, une journée bien remplie, pas question de dire j’suis fatiguée, les animaux sont devant la porte à attendre.
Le Samedi, il y avait du mouvement dans la maison les filles se faisaient belles pour aller au bal, oh pas les déguisements d’aujourd’hui, le correctement sortable, et pas question de revenir après l’heure prévue, accompagnée d’un garçon, mais revenir en groupe.
Moi le petit je n’avais pas l’âge de sortir !
Mon domaine, c’était dans un coin d’herbage, près de la ligne de chemin de fer et de la source. Là, dans un champ de perce-neige j’enterrais mes vieux jouets cassés, j’avais pour complice ma copine BRIGITTE , là on se racontait nos secrets, nos misères, parfois il y avait un bisou, parfois on nous retrouvait endormis dans la niche avec le chien et à l’école on était punis ensemble pour bavardages.

Les jours de fêtes, le père sur son grand vélo noir, la grand-mère et moi sur son SOLEX, on allait chez la famille proche, ou dans une foire agricole, ou une fête annuelle de village
On emportait le pique-nique et trouvions la boisson sur place. Après trois où quatre tours de manèges et une glace ou une menthe à l’eau les adultes s’attablaient à une terrasse d’un café épicerie, tandis que je jouais avec d’autres enfants sur la place.

L’école, était à quatre kilomètres de la maison, c’est en bande que nous revenions à pieds, glanant le long des haies quelques baies et noisettes selon les saisons. Au fur et à mesure des fermes, la bande de copains diminuait, nos jeux étaient de dégommer au lance-pierre multiples cibles, de fouetter de belles toupies en bois aux couleurs chamarrées, et, dans l’immense côte verglacée qui menait à la scierie, c’était de descendre assis dans une caisse à poissons, heureusement il n’ y passait qu’une dizaine de voitures et quelques camions chargés de grumes.

Sur la table dans une assiette une faisselle de fromage de chèvre m’attendait, mes devoirs finis j’allais retrouver ma balançoire sous une branche de pommier coudée, puis sur le coup de dix huit heures j’étais à la barrière à attendre le grand-père qui revenait du travail. Je prenais son sac où se trouvait sa gamelle et ses couverts du jour tandis qu’il rentrait son vélo dans la remise.
Son petit café ou son petit verre de vin bu, il mettait ses sabots et partait pour le jardin où je m’empressais de le rejoindre pour arroser, parfois, il y avait plus d’eau sur ses pieds que sur les légumes et je me voyais signifier d’aller ailleurs voir où les maçons n’avaient pas mis de briques !

Il y avait un homme qui m’intriguait, un homme de corvées qui passait de ferme en ferme, ses lames de faux sur le porte-bagage de sa bicyclette et ses manches d’outils dans un fourreau en bandoulière sur son épaule. Il arrivait le matin et repartait au coucher du soleil. Vêtu d’un pantalon en toile bleue avec des grosses chaussures en cuir aux semelles de bois et un marcel sous sa veste, un mouchoir à grands carreaux noué aux quatre coins sur sa tête, une corne de bœuf attachée à la taille avec ses pierres à affûter . C’était l’homme de toutes les situations pour les gros travaux d’entretien du fermage. Rebouteux à la demande, protecteur de la nature il n’était pas rare de le voir avec une vipère dans les mains ou une couleuvre autour du cou. Petit que j’étais je filais car j’avais une frousse bleue de ces bestioles.

Parfois, j’avais le cœur gros, les yeux pleins de larmes, évidemment, faire de l’élevage c’est pour se nourrir ou pour en vivre. On évitait de tuer les animaux en ma présence
Les hommes faisaient la sale besogne tandis que grand-mère s’affairait à la cuisine.
De grands torchons blancs étaient prêts à recevoir les quartiers de viandes, de grandes marmites d’eau d’où s’échappaient des volutes de vapeur bouillaient sur la cuisinière, de grands pots à lard n’attendaient plus que les morceaux de choix, dehors sur une petite table en bois blanc parmi les couteaux, la bouteille de goutte « CALVADOS » produit miracle qui fait office de désinfectant, puis son rôle principal, un digestif.

Aujourd’hui, les exploitations se sont mécanisées, beaucoup de petits métiers ont disparu, à cette époque là, on ne jetait rien, pas de détergeant dans l’eau de vaisselle, elle allait pour la nourriture du cochon, les coquilles de moules dans la cour pour les volailles, les peaux d’animaux étaient pendues dans la cave, la cendre de la cuisinière servait d’engrais et les boites à conserves vides on les donnait à un gars qui passait pour les vendre au ferrailleur.

En hiver, quand la campagne était enveloppée dans son manteau immaculé, les arbres enrobés de verre que la nuit venait lentement engloutir, il était bon d’être enfoui sous les couvertures de son petit lit, petit lit préalablement chauffé par une brique enveloppée dans du papier journal qui parfois brûlait les draps. Le matin, mon nez sur le carreau couvert de givre de la fenêtre, j’observais les pâles rayons de soleil à travers. Les cheveux étaient incrustés sur la vitre ; du lit le spectacle était tout autre, il enflammait mon imaginaire, une tête d’animal, un monstre quelconque, un visage il n’en fallait pas plus pour être inquiet.

Contre six litres de cidre, les cheminots de la petite ligne de chemin de fer LISIEUX-ORBEC m’emmenèrent faire une ballade à bord de leur locomotive. Quel bonheur, encore mieux que le père NOEL dont j’avais peur mais que j’attendais avec joie, déçu pourtant qu’il ait bu le café à la maison lors de son passage. Le cadeau était quand même devant le sapin, sapin illuminé avec des petites bougies que l’on allumait quelques minutes pour ne pas mettre le feu.

On ne devrait pas grandir, j’ai gardé mon âme d’enfant, certains pourront croire que je suis passéiste, oui, j’en suis fier, je me suis vu un jour, assis sur une pierre au bord du fleuve, contemplant ma modeste vie, qui à démarré comme une source limpide pour devenir une rivière aux méandres multiples se heurtant aux différentes berges. L’océan est encore loin je l’espère, il me reste encore beaucoup à apprendre, à partager mais la page que vous venez de lire a formé les fondations de ma vie, ma lumière intérieure, mon âme.

A BRIGITTE..

 

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